Cash Investigation brise le silence de la pédophilie dans l’Église

Le mardi 21 mars 2017, Cash Investigation diffusait un reportage “Pédophilie dans l’Église : le poids du silence” à la suite d’un scandale concernant le cardinal Barbarin en 2016. Ce dernier avait été mis en cause dans une affaire de pédophilie pour “non dénonciation de pédophilie” mais également pour “mise en danger de la vie d’autrui” dans la fin des années 1980. Datant de un an, ce reportage reste pour autant toujours d’actualité. En effet, en ce début de mois de novembre 2018, un prêtre a été démis de ses fonctions après avoir demandé la démission du cardinal Barbarin.

Depuis des années, la pédophilie dans l’Église catholique est une thématique source de nombreux débats. Ici, l’émission Cash Investigation expose davantage des faits ayant existé plus qu’elle ne donne lieu à un débat concret. Cependant, ce reportage, composé de nombreux échanges entre des hommes d’Église, Élise Lucet et son équipe, met en lumière le poids du silence et du secret dans ces affaires de pédophilie.

La place du silence dans le débat

Le silence, c’est taire et dire quelque chose, mais c’est aussi une manière d’éviter le débat tout en y apportant un certain discours. Dans ce reportage, le silence prend une grande place dans les échanges qui opposent les représentants de l’Église à Élise Lucet. Mais un silence n’est pas anodin. L’émission est rythmée par des moments de silence faisant suite aux questions des reporters. La personne qui ne parle pas est alors la plupart du temps considérée dans l’espace public comme fautive, ici chaque silence apparaît donc comme un indice de culpabilité des hommes d’Église pour l’opinion publique. De l’autre côté, les journalistes de Cash Investigation semblent jouer de cette posture. Ne pas répondre aux journalistes sous-entend ne pas vouloir répondre aux spectateurs et de ce fait, ne pas assumer son rôle et sa place dans l’espace public. Les téléspectateurs en conclue donc de la culpabilité des ces hommes d’Église sur des faits de pédophilie, le silence étant possiblement considéré comme un aveu public.

Selon Sennett, dans le texte “Les tyrannies de l’intimité” de 1979, le silence serait symptomatique de nos sociétés contemporaines. Le citoyen habitué à être spectateur aurait appris à se taire. Ici, il serait non pas question d’un silence du “public” mais plutôt d’un usage du silence chez les hommes d’Église comme façon de se protéger, se retirer dans son intimité dans un monde où la transparence est de mise et où le privé est exposé sur la place publique.

Ajoutons que la surmédiatisation liée à l’ère de la “fast information” produirait de l’anxiété et cette crainte se traduirait en silence. La sexualité étant dans notre société placée majoritairement dans la sphère intime, cette dernière est davantage préservée et cachée lorsqu’il s’agit de “déviances sexuelles” dans l’Église comme la pédophilie, qui rappelons le est puni par la loi.

À travers les échanges entre Élise Lucet et Monseigneur Crépy, il est possible de constater de nombreux silences. Au nombre de 8, sur trois échanges courts d’une durée de 8 minutes. La nature des échanges lors de cet extrait laisse envisager que ce silence soit instrumentalisé par les deux interlocuteurs telle une arme dans le discours. D’un côté Monseigneur Crépy se tait par précaution d’admettre une erreur, de l’autre, Élise Lucet laisse s’installer le silence pour attirer l’attention du téléspectateur sur les attendus aveux de ce dernier. Notons que les silences sont très certainement volontairement laissés, voire accentués par le montage en post-production. Le contenu de l’échange laisse croire à une tentative ouverte de décrédibiliser l’Église dans son discours et de mettre en avant la non-réponse de cette dernière face aux différentes accusations qui l’a concerne. Si débat il y a, il n’en est alors pas moins orienté pour l’équipe de Cash Investigation.

Silences Moment Durée
Silence N°1 28 min 07 sec 2 secondes
Silence N°2 28 min 34 sec 3 secondes
Silence N°3 28 min 45 sec 3 secondes
Silence N°4 29 min 00 sec 2 secondes
Silence N°5 29 min 26 sec 2 secondes
Silence N°6 32 min 19 sec 4 secondes
Silence N°7 1h 05 min 10 sec 4 secondes
Silence N°8 1h 05 min 45 sec 4 secondes

Élise Lucet, entre journalisme d’investigation et réquisitoire

Le reportage étant relativement vaste, nous nous sommes concentrées sur une séquence de l’échange impliquant Monseigneur Crépy (Évêque de Puy-en-Velay responsable de la nouvelle Commission Permanente de Lutte contre la Pédophilie dans l’Église) et Élise Lucet. Ces interlocuteur ont tous deux une posture d’autorité dans leur domaine, Mme Lucet dans le journalisme et Monseigneur Crépy dans l’Église. De ce fait, l’échange et le débat s’installe au fur et à mesure de façon inégale et met en avant une prise de position de force.

Dans son ouvrage “Sur la télévision”, Bourdieu analyse cette “censure invisible” exercée par les journalistes. Ces derniers, souvent à la recherche de sensationnel, opèrent une véritable sélection dans l’information. En effet, les informations contenues dans l’échange entre Monseigneur Crépy et Élise Lucet semblent être finement sélectionnées et hiérarchisées dans une possible recherche de dramatisation, voire de “sensationnalisme”.

Les chiffres et les preuves apportées par les recherches faites en amont, légitimisent et crédibilisent le discours d’Élise Lucet qui paraît alors comme étant “indestructible”. L’autorité d’Élise Lucet semble prendre le dessus sur l’échange. Plusieurs indices en témoignent, elle exerce un monopole de la parole, réplique avec un ton accusateur, brandie ses notes journalistiques sur l’interviewé. Dans une véritable orchestration de l’échange, les questions sont méticuleusement choisies, rarement ouvertes et émettent une forme de jugement envers l’Église. Le discours de Monseigneur Crépy est à de nombreuses reprises coupé par la journaliste et de ce fait déconstruit.

La quantité de notes, faisant plusieurs fois l’objet de gros plans par les caméras, peut avoir pour effet d’impressionner le téléspectateur et Monseigneur Crépy. Ajoutons que la réalisation de cette émission n’étant pas en direct, une censure de la parole peut être également assurée au montage.

Cash Investigation est connue pour ses mises en scène peu flatteuses des entreprises et ici, de l’Église catholique. La préparation de cet échange, minutieusement anticipée par l’équipe de Cash Investigation laisse entendre que la nature même du débat ainsi que la formation de l’opinion publique chez les téléspectateurs peut être biaisée. L’échange fait face à une réelle inégalité dans la répartition de la parole, le débat est “spectacularisé”, donnant l’impression d’un véritable “procès public” aux yeux des spectateurs. Cependant, sommes-nous face à un réquisitoire ou un travail d’information recueillant différents points de vue mesurés ?

L’Église: entre espace public et privé

Élise Lucet en s’adressant à Monseigneur Crépy sur son positionnement dans le procès ne s’adresse pas à l’homme d’Église mais à l’homme “civil” témoin des actes de pédophilie. Mais quelle place a donc l’homme d’Église dans ce débat et quelle incidence cette place a-t-elle sur la nature de ce discours ? Difficile à déterminer…est-il dans la sphère public, la sphère privée, les deux ?

Habermas dans son texte “L’espace public et la religion” datant de 2008 mentionnait l’idée d’une “double existence” :

“L’État a-t-il le droit d’ordonner à ses citoyens de scinder leur existence en deux, une existence publique et une existence privée, en leur faisant, par exemple, obligation de justifier leur prise de position dans la sphère publique uniquement de moyen de raison non religieuse.”  (Habermas, 2008)

Le point central de l’émission c’est justement cette difficulté à distinguer la position de l’homme d’Église vis-à-vis de la problématique de la pédophilie. Problématique qui pourrait prendre lieu d’avantage dans la sphère “privée” mais qui devient public si elle concerne notamment les hommes d’Église. Sennett affirmait que des questions “privées” peuvent devenir des enjeux et donc des débats politiques.

Ainsi se pose la question de l’existence d’une place particulière de l’Église dans la démocratie actuelle. Place qui pousse à constater l’existence d’un double double discours de la part de l’Église sur cette problématique qu’est la pédophilie.

En illustration à ce propos, le débat entre Élise Lucet et Monseigneur Crépy, se conclut par un aveu. Face à un potentiel procès du frère Albert, Monseigneur Crépy conclut qu’il ne se placera pas en partie civile auprès des victimes. L’Église s’en remettrait-elle à la loi de Dieu pour régler ce type de problématique ?

Début = 1.05.35 mn

- Élise Lucet: Si frère Albert a un procès en France, est-ce que vous demanderez à être partie civile ? C’est-à-dire au côté des victimes ? 

- Monseigneur Crépy: Je ne sais pas, il faut que je réfléchisse…

/silence/

- Élise Lucet: Il faut que vous réfléchissiez à quoi ? 

/silence/ 

- Monseigneur Crépy: Ben finalement...quel est le...l’intérêt ou non d’être partie civile… ? 

- Élise Lucet: Ça serait un symbole fort !

- Monseigneur Crépy: Oui, mais elle peut être aussi traduite autrement…

- Élise Lucet: Ça veut dire que je ne vous sens pas prêt à être partie civile…

- Monseigneur Crépy: Pour l’instant nan.

Voix off: devant la justice, l’Église n’envisage pas d’être aux côtés des victimes, c’est à en perdre son latin.

Fin = 1.06.17 mn

Cash investigation: le nouveau “chien de garde”

Sennett expose une injonction à la transparence dans son texte “Les tyrannies de l’intimité” (1974). En lien avec cette notion, le reportage pousse à représenter Élise Lucet et son équipe en tant que porte-parole de la société, demandant une transparence totale ainsi qu’un positionnement de l’Église vis-à-vis de la pédophilie. À de nombreuses reprises, Élise Lucet insiste auprès de Monseigneur Crépy pour connaître son éventuelle réponse face à un cas de pédophilie. Force est de constater que cette insistance à la transparence ne libère pas nécessairement la parole mais semble-la brider.

Porteur d’un impact important sur la société civile, cette émission a reçu le Prix Europa. Elle a permis de nombreuses révélations, telle que la mutation du frère Albert en France après des accusations de viols sur mineur en Guinée.

À la différence des émissions de plateau, qui ont tendance à faire consensus, l’émission Cash investigation à un véritable rôle de “Chien de garde” et donc participe aux débats démocratiques en apportant un nouvel axe de vue “plus transparent” des grandes institutions sociétales, l’Église ici. Le rôle de Cash investigation est donc bien de briser le silence et invoquer le débat.

Bibliographie :

BOURDIEU Pierre “Sur la télévision: suivi de l’emprise du journalisme”, Paris, Liber-Raisons d’agir, 1996.

HABERMAS Jürgen,L’espace public et la religion. Une conscience de ce qui manque”,  Études, 2008/10 (Tome 409), p. 337-345.

SENNETT Richard,  “ Les tyrannies de l’intimité ”, Paris, Edition Seuil , 1979.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 commentaires Ajoutez le votre

  1. Elodie Antunes de Sousa dit :

    L’angle de la ligne éditorial est un choix judicieux à nos yeux. Il est particulièrement intéressant de se pencher sur la forme du programme tout autant que le fond. Le traitement de l’analyse de l’action de la production et de l’équipe journalistique a parfaitement sa place avec ce sujet d’enquête. Les références appuient spécifiquement les propos tenus et sortent du cadre du corpus donné, initiative que nous valorisons.Cependant, quelques suggestions et critiques nous sont venus à l’esprit et nous souhaitons les partager avec les rédactrices.

    Les auteures de l’article nous précise que celui-ci survient après le scandale du Cardinal Barbarin. Mais ne peut-on pas voir d’autres raisons quant au traitement de ce sujet fort tabou ? En effet Kaufmann nous rappelle que “S’ils [les médias] mettent en scène l’expression de l’intime, c’est que préalablement existe une demande latente de l’opinion, une gigantesque curiosité insatisfaite“. Cette hypothèse nous amène à penser que Cash Investigation choisi tout autant ces sujets en se préoccupant de l’attente de son audience et qu’une démarche marketing de programmation est aussi en jeu. Cela fait écho et appui la notion de “spectacularisation“ évoquée lors de la rédaction de l’article et les moyens mis en oeuvre de la production et de l’équipe journalistique dans leur préparation d’enquête.

    On pourrait ajouter que malgré les silences, l’Eglise a souhaité être représentée “il est cependant frappant de constater à quel point les résistances sont faibles dès que la télévision appelle“, cependant cette représentation médiatique entraîne “un contrat moral“, comme le souligne Kaufmann “La contrepartie est généralement la même : le ticket d’entrée se paie en intimité dévoilée“.

    Selon les auteures de l’article, l’Eglise n’aurait pas le monopole de la représentation, mais Monseigneur Crépy serait interrogé en tant qu’ “homme civil“. Une place qu’il a manifestement des difficultés à défendre, ce qui peut s’expliquer par une réflexion d’Hannah Arendt “Cette communauté [chrétienne] devant être un “corps“ dont tous les membres seraient comme des frères“. En ce sens, la difficulté du jugement moral de l’évêque sur les conduites de ces confrères s’explique aisément.

    Cette critique peut être renforcée par la pression exercée par la journaliste Elise Lucet, à juste titre soulignée par l’équipe de rédaction de l’article, qui tend à couper la parole et déstabiliser Monseigneur Crépy. Une cas de figure analysé par Nancy Fraser “il peut aussi arriver que les groupes subordonnés (ici Monseigneur Crépy) ne trouvent pas le ton ou les mots justes pour exprimer leurs pensées“, ainsi que Jane Mansbridge “Ils sont réduits au silence, on les encourage à ne pas clarifier leurs souhaits, et on les entend répondre “oui“, alors que ce qu’ils venaient de dire voulait dire “non““. Ces deux propos peuvent justifier le rapport de force inégal et la “censure invisible“ appliqués à la parole de l’évêque.

    Enfin, on dénote un paradoxe dans l’attitude de l’Eglise catholique, d’une part un sujet qu’elle veut garder tabou (très peu de prise d’initiative comme le souligne Elise Lucet), et d’autre part, sa volonté d’avoir un représentant dans le débat. En effet, Kaufmann précise que “les volontaires [des émissions] participent en fait sans le savoir à l’installation progressive d’un système médiatique d’offre de confessions de plus en plus incitateur à mesure qu’il se banalise“, et donc délit la parole. Dans un sens, l’Eglise participe peut-être à contre coeur dans la poursuite du débat.

    Bibliographie :

    ARENDT Hannah, Condition de l’Homme moderne, Paris, Calmann-Lévy Pocket, 1983. (chapitre 2 Le domaine public et le domaine privé, extraits)
    FRASER Nancy, “Repenser la sphère publique : une contribution à la critique de démocratie telle qu’elle existe réellement“ Hermes 21, 2001 p.125-154
    KAUFMANN Jean-Claude, “Tout dire de soi, tout montrer“, Le Débat 3 n°125; p.144-155
    MANSBRIDGE, Jane, “Feminism and democracy”, The American Prospect N°1, 1990

  2. ambreguillou dit :

    En réponse à ce commentaire, nous souhaitons tout d’abord soulever l’utilisation pertinente de l’auteur Jean-Claude KAUFMANN. Selon Kaufmann, “ Si les médias mettent en scène l’expression de l’intime, c’est que préalablement il existe une demande latente de l’opinion, une gigantesque curiosité insatisfaite”. En effet, il ne serait pas surprenant de la part de l’équipe de Cash Investigation d’avoir souhaité orienter son sujet d’émission en s’adaptant à son public cible tout en répondant à une curiosité du public envers les coulisses des grandes institutions. La “spectacularisation” autours de ce sujet en reste de ce fait probablement légitime. Du côté du public, comme le citait Jean-Claude Kaufman “ La curiosité n’est pas une maladie mais une caractéristique nécessaire à la modernité individualiste”.

    Nous aimerions toutefois revenir sur l’idée évoquée par les rédactrices du commentaire sur l’idée faite par Hannah Arendt (1) au sujet de la communauté chrétienne. Cette dernière expose la communauté chrétienne comme “devant être un “corps” dont tous les membres seraient comme des frères”. Cependant, il est important pour nous de revenir sur la troisième partie de notre article. En effet, le positionnement exposé par Richard Sennett (2) dans son ouvrage est important à soulever de nouveau pour nous. Ce dernier affirmait que des questions “privées” peuvent devenir des questions publiques. C’est sur ce point que nous avions décidé de nous pencher pour rappeler que bien qu’en tant qu’homme d’Église, Monseigneur Crépy reste avant tout un citoyen français et que selon nous ce statut prend donc une place plus importante que celui d’homme d’Église. De ce fait, les rédactrices du commentaire cite Hannah Arendt pour expliquer “la difficulté du jugement moral de l’évêque sur les conduites de ces confrères”, et donc justifier de la non-réponse de Monseigneur Crépy.
    Pourtant, il nous paraît difficilement explicable qu’un citoyen ne se présente pas face à la justice étant témoin de tels faits.

    Aussi, il a été très intéressant de la part des rédactrices, de citer ces deux auteures que sont Nancy Fraser et Jane Mansbridge pour parler du silence de Monseigneur Crépy lors de cet échange. En revanche nous pourrions nuancer la citation de Nancy Fraser (3) exprimant ces mots“ Il peut aussi arriver que les groupes subordonnés ne trouvent pas le ton ou les mots justes pour exprimer leurs pensées”, il nous semble relativement difficile d’attribuer le statut de “groupe subordonné” aux catholiques, ayant toujours comme dit dans notre article une légitimité, une autorité et une reconnaissance. Pour aller plus loin dans la pensée de Nancy Fraser nous pourrions envisager de dire qu’Elise Lucet a d’avantage les caractéristiques d’une personne faisant partit d’un groupe subordonné.

    Enfin, le paradoxe relevé par les rédactrices du commentaire concernant l’attitude de l’Église catholique met en avant le fait que l’Église même silencieuse participe au débat rien que par sa présence. Il est vrai que la participation effective et nombreuse des hommes d’Église dans cette émission laisse envisager qu’il n’est pas cohérent d’être dans le silence permanent. La présence de Monseigneur Crépy étant donc une forme d’aveu voir même de complicité à l’égard des journalistes. En effet ne serait-ce pas pour l’Église une manière de prendre de l’avance dans le débat, en prenant l’initiative d’y amener un représentant plus ou moins préparé à répondre à toute sorte de questions à l’image d’un homme politique ? D’autant qu’il est nécessaire pour nous d’ajouter que ce représentant n’est pas n’importe quel homme d’Église, en effet Monseigneur Crépy est le responsable de la nouvelle Commission Permanente de Lutte contre la Pédophilie dans l’Eglise, son rôle est donc de se présenter dans ce débat. Et finalement, à travers sa présence il peut contrôler ce qui est dit ou plutôt ce qui n’est pas dit. Donc cette volonté d’être présent au débat n’est pas complètement en paradoxe avec le fait de garder ce sujet tabou.

    ARENDT Hannah, Condition de l’Homme moderne, Paris, Calmann-Lévy Pocket, 1983.
    SENNETT Richard, Les tyrannies de l’intimité, Paris, Edition Seuil, 1979
    FRASER, Nancy, “Repenser la sphère publique: une contribution à la critique de la démocratie telle qu’elle existe réellement”, extrait de Habermas and the Public Sphere, Hermes 3

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