Twitter, l’utopie d’un espace propice au débat

Internet est né en même temps qu’un désir de promouvoir la démocratie délibérative. En effet, les plateformes numériques apparaissent comme des supports de débat ouvert à tous sans distinction et facile à s’approprier selon ses intérêts. Mais les problématiques d’internet préexistaient au numérique et on peut émettre l’hypothèse que les plateformes internet ne font que reproduire les formes médiatiques précédentes. Dans l’extrait de l’émission « On n’est pas couché » du 10 septembre 2016, on peut voir le ton monter entre Vanessa Burggraf, la journaliste, et Jean-Luc Mélenchon, le politique. Cette extrait fût le plus commenté sur Twitter de toute la durée de la diffusion télévisée. De plus, venant à la fin de l’émission, c’est cet extrait que l’audience a retenu du prime et dont on a « débattu » les heures suivants la diffusion. Dès la première lecture générale des tweets, on a pu constater un flot de critiques pour la plupart sexistes, à l’égard de Vanessa Burggraf. Par l’étude des tweets publiés pendant le moment de l’altercation (23h25-23h31) nous souhaitions mettre en lumières les problématiques autour des rapports de genre dans l’espace public Twitter : La fluidification des flux par Twitter permet-elle la rationalisation et démocratisation ? Ne cache-t-elle pas au contraire des rapports de domination, manipulations et interprétations multiples ?

Au départ de cette recherche nous avons émis des hypothèses de départ qui permettent d’orienter la suite de l’analyse. L’espace public numérique, à travers l’analyse de twitter, répète-t-il les schèmes de l’audiovisuel ? Techniquement, seule la popularité peut influer sur la visibilité des tweets; cependant la grande partie des tweets analysés sont du commun des mortels. (Un traitement particulier sera attribués aux tweets officiels dans la dernière partie.) Alors, il serait légitime de penser que Twitter permet la même lisibilité entre les idées des hommes et des femmes, sans dispositif de mise en scène particulière qui viendrait orienter l’interprétation, comme on peut le faire avec le montage ou le cadrage d’une émission de télévision. Ce n’est pas la même mise en scène, pour autant les rapports de genre sont-ils plus égalitaires sur Twitter ? Il s’agira alors dans l’analyse des données de répondre à différentes questions : les tweets sexistes de la sélection viennent-ils que d’auteurs masculins ? Quelle est la part de représentation des deux sexes dans la sélection ? Est-elle égale ? Sinon, comment expliquer ces inégalités ? Sur quel(s) plan(s) se jouent-elles ?

Du point de vu méthodologique, nous nous sommes cantonnés aux publications Twitter dans le temps précis de l’extrait – 285 tweets exactement. Nous nous sommes ensuite appuyer sur les comptes les plus actifs pour faire une sélection d’une soixantaine de tweets, réponses et citations comprises. En ce qui concerne l’analyse statistique sur le genre, elle se base sur une sélection de 34 tweets (or RT et Like) concernant Jean Luc Mélenchon et 34 tweets au sujet de Vanessa Burggraf. Pour faire cette sélection, nous nous sommes appuyés sur les tweets ayant le plus d’influence ou étant représentatifs (au sens où la formule tweetée est largement répétée dans d’autres tweets). Ces données on était chiffrées et ont permis l’élaboration de différentes statistiques qui viendront appuyer l’analyse au cours au développement. Enfin, à la suite de l’analyse de donnée dans la partie de « profilage » nous nous sommes appuyés sur trois profils d’hommes qui offraient trois points de vues complémentaires à la recherche : un soutien de Jean Luc Mélenchon par la critique de l’adversaire, un détracteur politique et un anonyme qui réagit par l’humour. Cela, dans le but de voir si le degré de monstration (intime) sur leur compte joue sur la position qu’ils défendent.

 

L’article s’articule autour de trois grandes parties. La première concerne les rapports Homme/Femme dans l’analyse de données Twitter. La seconde affinera nos premiers résultats par l’analyse du rapport à la notoriété et reconnaissance professionnelle entre journaliste et politique. Enfin, l’étude des profils des utilisateurs permettra de comprendre l’impact de l’intime dans l’espace public twitter et la propension de celui ci à soulever des débats construits et constructifs.

 

Rapport de genre: homme/femme

Dans cette partie il s’agit de montrer à travers les tweets sélectionnés si les rapports de genre sont plus égalitaires sur Twitter que sur les médias publics audiovisuels.

En ce qui concerne les 34 tweets sur Vanessa Burggraf, 31 sont dépréciatifs, soit 91 %, contre 3 seulement plus encourageants (9%). Dans les tweets négatifs on compte 15 publications d’auteurs masculins, 19 d’auteurs féminins et 6 d’auteurs sans détermination publique de genre. Sur les 15 tweets dépréciatifs d’auteurs masculins, ces derniers portent atteintes à ses capacités professionnelles de journaliste par des injures (8) : IDRIS / @IDRI_ROCKY : « Mais quel pute cette meuf dans #ONPC elle raconte n’importe quoi » ; JacquesDaniels / @BuetDan : « Mais quelle conne cette Vanessa ! #ONPC ». Il n’y a aucune argumentation, l’insulte est gratuite dans les deux cas. Le deuxième exemple possède 1 retweet et 4 likes. A son échelle, l’utilisateur est donc suivit dans sa « proposition ». Comme on peut l’imaginer, ces tweets ne déclenchent pas de débat de fond, d’ailleurs aucune réponse n’ont été posté vis à vis de ces tweets. Deuxième stratégie des auteurs masculins dépréciatifs, le sous-entendu sexiste. Dans cette catégorie on comprend toutes les remarques que l’on n’entendra jamais adressées à des hommes : Pilou 95 / @Pilou_95 : « #ONPC elle est vraiment blonde !!! » ; David Martin / @DMartin28051974 : « Les seuls intérêts de #ONPC sont les jambes de @VanessaBurggraf et de @EfiraNetwork #michismeassumé ».

Mais tous les tweets critiques ne sont pas tous écrits par des hommes. Cependant, les tweets sélectionnés d’auteurs féminins sont relativement moins vulgaires. On peut citer : Patou / @PatriciaFayard : « Melanchon : « C est vous qui êtes facile ! » Mdrrrrr #ONPC » . L’utilisatrice cite une phrase polémique prononcée par Jean-Luc Mélenchon à l’égard de la journaliste et y ajoute un « Mdrrrrr » pour signifier qu’elle trouve ça très drôle. Du débat, Twitter va surtout retenir les insultes et formules chocs qui feront de bons tweets populaires. Prêts à être retweeter pour procéder petit à petit et de manière indirecte à un lynchage public. On peut également citer : fr@ny / @frany67 : « Je confirme en tant que téléspectatrice, cette dame blonde est agressive… Elle est acerbe #ONPC ». La critique ici n’est plus en faveur de la cause de Mélenchon. Simplement, l’auteure ressent le besoin de donner elle aussi son sentiment sur la nouvelle journaliste. Malgré tout certaines demeurent dans l’insulte gratuite en la traitant de « mongole » ou encore d’ « imbécile », mais ces insultes sont moins représentatives de la sélection. Pour résumé, on ramène constamment Vanessa Burggraf à sa dimension de femme ou à son physique : « la blonde » « la cruche » « effet blonde » « creuse » « conne » « insupportable » « irritante » « pas à la hauteur » « nulle » « la meuf » « attitude, voix et physique insupportable  » « marquise » « super-excitée ». A contrario, on ne parle dans aucun tweet du physique, de l’âge ou en couleur de cheveux de Jean-Luc Mélenchon. Dans le cas des tweets négatifs comme positifs on remarque une surreprésentation d’auteurs hommes. Sur-représentation qui peut être légèrement nuancée par cette marge de 21 % dont le genre est indéterminé. Mais que l’on retrouve également dans la sélection de tweets concernant Mélenchon (sur 31 tweets dépréciatifs, 28 viennent d’auteurs masculins, soit 90 % des tweets négatifs.) On remarque comme à la télévision que Twitter est aussi largement représentés par des communautés masculines. La distance avec le corps physique, si elle peut en désinhiber certain(e)s n’efface pas les inégalités réelles ou ressenties entre les genres dans l’espace public.

En ce qui concerne les statistiques sur la sélection de tweets sur Jean-Luc Mélenchon, 29 sont dépréciatifs pour 5 en soutiens au politique. On remarque alors, comme précédemment, on large propension des auteurs de Twitter à la critique plutôt qu’au soutien sur les réseaux. Patrice Flichy explique que l’engagement militant en ligne connaît un bilan mitigé ; les blogs accroissent les inégalités dans la participation militante puisque l’internaute doit posséder des capacités d’expression et d’argumentation particulières. Mais, les applications politiques connaissent plus de succès car elles ne servent qu’à donner un sentiment par rapport à une situation ou un discours. Il n’y a pas de débat juste des émotions de campagne partagée. Twitter, par son format particulier se situe plutôt dans le format des « applications » développé par Flichy. Pour revenir à la sélection concernant Mélenchon on peut remarquer une seconde chose, c’est que les tweets sont nettement moins vulgaires : « détestable », « dédaigneux », « ordure démagogue », il « a du mal », « médiocre », « tête de con ». Cependant, les tweets de soutiens, n’expriment jamais directement un commentaire positif sur sa politique, ce sont pour la plupart des attaques envers ses adversaires (soit Vanessa Burggraf à ce moment précis).

Enfin, il faut relativiser les résultats et rappelez qu’il s’agit la d’un échantillon. Les données concernent le corpus de tweets que nous avons sélectionnées et non la réalité de l’ensemble des réactions sur cette séquence. Néanmoins on ne peut nier que ces chiffres nous indique une tendance non négligeable.

 

Rapport à la notoriété et reconnaissance professionnelle : journaliste versus politique

Legrats Olivier : « #ONPC La dame blonde. Qui remplace Salamé. N’a pas de Mont Blanc. A la main. Donc pas crédible. Ni compétente. ». Ce tweet sous-entendrait que les femmes sont faites pour la publicité et pas pour les débats… Et, on peut voir en affinant l’analyse de la sélection de tweets qu’effectivement au-delà du pur conflit de genre, Vanessa Burggraf est rabaissée pour ses capacités professionnelles.

C’est la 1ère émission de Vanessa Burggraf à “On n’est pas couché” alors que Jean Luc Mélenchon est un homme politique connu de tous, notamment pour ses talents d’orateur et d’homme de caractère. Durant l’émission Burggraf est à plusieurs reprises qualifiée comme « la nouvelle » et on retrouve ces appellations dans les tweets. Mélenchon, lui, est souvent désigné par des surnoms comme « Mesloches », « Meluche ». Mélenchon est un personnage public bien établis, l’audience partage quelque chose de plus intime avec son personnage que celui de la journaliste. D’ailleurs le nom de Burggraf est très souvent mal orthographié car le public ne la connaît pas. En réaction à cela beaucoup de réactions sur twitter réclament le retour de Léa Salamé, l’ancienne journaliste de l’émission. La situation particulière dans laquelle Vanessa Burggraf se trouve « justifie » ce flux d’injures : au-delà des militants ou sympathisants de Mélenchon il faut aussi imaginer tous les habitués de l’émission qui sont déçus ne plus retrouver leurs habitudes de visionnage. Se joue alors dans les tweets sélectionnés, un flot de critique qui touche cette fois sa prestation, son discours présent et son professionnalisme à l’épreuve du direct : En réponse à un tweet de @Aleaument, @Chirstledieu écrit « Ne soyer pas agressif parce que Burgraf a mal lu les fiche que lui a préparé #Gattaz » ; Gilles Chevalier / @GC7513 : « #ONPC Non, sérieusement elle a un carte de presse cette Vanessa ? Une caricature… » ;

A l’inverse, les détracteurs de Mélenchon lui reprochent pour la plupart des faits passés : son appartenance au PS, son rôle lors de Nuit Debout, son salaire, son train de vie… Mais à aucun moment sa place dans l’émission ou son discours présent n’est remis en question. On lui reproche parfois de ne pas répondre aux questions ou de ne pas donner de chiffres, mais dans l’ensemble sa place est complètement légitime pour le public. Pour récapituler, l’audience s’autorise à critiquer la journaliste pour ce qu’elle montre, alors que les critiques sur Mélenchon portent sur ce qu’il fait. On peut dire que les jugements de valeur sont alors nettement plus superficiels concernant Vanessa Burggraf.

 

Propension de Twitter au débat

Cette séquence crée des réactions sur Twitter, mais permet-elle un débat de fond ?

Pour Howard Rheingold internet doit permettre un renouvellement de la démocratie en offrant la possibilité à tous de s’exprimer, théorie également défendue par Al Gore. Néanmoins dans notre cas nous avons constaté que le débat n’est pas au centre des discussions. Les internautes, également téléspectateurs, préfèrent émettre des critiques sur les individus et font abstraction de leurs pensées. Sur Twitter cela est récurrent, une minorité de comptes est très active et souvent virulente voir extrémiste dans les idées. Cette minorité là va alors « confisquer » la parole au plus grand nombre par des propos assez violents. C’est ce qu’exprime Steven Shneider avec l’existence d’un espace de débat contrôlé mais inégalitaire où la parole souvent violente est confisquée par quelques-uns. Le format de twitter avec l’imposition de 140 caractères maximum par tweet renforce cette absence de débat. En effet, elle invite les utilisateurs à être efficaces et concis dans leurs messages. Il est alors plus facile de dénigrer par une insulte sachant que notre message sera plus facilement repris que de réfléchir à transposer sa pensée. Et plus encore sur un débat politique où nos idéaux sont plus facilement remis en question, où les réactions sont plus vives.

Il est donc légitime d’étudier qui sont les utilisateurs qui dégradent le débat.

Un certains nombres de comptes véhéments à l’encontre de Vanessa Burggraf avaient comme photo de profil le signe « Phi » symbole du parti politique la France Insoumise créé par Jean Luc Mélenchon. Parmi les tweets retenus pour notre analyse celui de @Juliamichel812 qui avait tweeté « Quelle imbécile la nouvelle ! Elle va sortir le martinet #onpc » Selon sa biographie Twitter cette personne se définit ainsi:  « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être que par des insoumis. (André Gide) #JLM2017 #M6R #Insoumis #FI ». Ce compte reprend une citation d’André Gide ancien écrivain français et prix Nobel proche du parti communiste. Ce compte aux 8 999 tweets publiés ne se concentre que sur un seul sujet la « France Insoumise ». Et ce par la mise en avant des prises de paroles de ses membres et la critique des autres groupes et personnalités politiques d’opinion différentes. On pourrait qualifier ce compte de « professionnel ». Il ne s’agit sûrement pas d’un compte personnel mais comme l’exprime Michaël Dumoulin d’une identité virtuelle parmi plusieurs où tout simplement d’un compte secondaire.

 

Ce phénomène de « professionnalisme » de l’utilisation de compte Twitter est aussi présent chez les autres sympathisants de groupe politique français comme par exemple: @AlexClmt99 soutient de Benoit Hamon avec un tweet sur Mélenchon lors du débat « Mélanchon monte sur ses grand chevaux à chaque fois qu’une question lui est posée… C’est minable et médiocre. #ONPC » Là encore on retrouve une citation en biographie « La patrie n’est pas une idée épuisée, c’est une idée qui se transforme et s’agrandit- Jean Jaurès #BH #M1717 » Jean Jaurès figure du socialisme français. Il s’agit encore du même modèle de compte où les 2 500 tweets postés soutiennent Benoit Hamon et critiquent ses opposants politiques.

On distingue aussi dans « les perturbateurs » du débat des comptes assez populaires, familiers des bons mots qui vont tourner à la dérision le maximum de déclaration de personnalités sans pour autant porter un fondement idéologique mais simplement pour avoir de l’audience. Dans la séquence cette idée est illustrée par le compte @jursticdotfr dont la biographie est: « A mi-chemin entre l’être humain et le data center. Cobaye pour la réforme du CRFPA. Droit et Gauche. Bloqué par @nadine__morano, @GilbertCollard et @GWGoldnadel » D’après cette biographie on peut imaginer une certaine réticence face à l’extrême droite. A l’inverse des deux précédents ce celui ci n’affiche pas clairement ses opinions politiques. Ce compte très actif,  22 000 tweets avait tweeté lors de l’émission «  « Vous vous attaquez encore aux journalistes C’est très mal ça ! » Nadine de Rothschild, sortez de ce corps ! #ONPC » Ce tweet moqueur qui intervient après une prise de parole de Vanessa Burggraf est l’un des plus populaires de la soirée avec 10 retweets et 7 likes. Le caractère humoristique de ce tweet (plutôt léger) ne fait pas avancer le débat mais attire pourtant les lumières sur lui.

D’autres acteurs participent au débat sur twitter, il s’agit de comptes certifiés. Appartenant à des personnalités ou encore à des émissions de télévision ou radio. Parmi les 9 comptes ayants pris la parole sur Twitter durant cette séquence de 6 minutes, six proviennent de Jean Luc Mélenchon ou de ses collaborateurs. Qui à l’instar de leurs partisans sont très actifs sur les réseaux sociaux. On note également que les tweets émanants de comptes certifiés amènent une forme de débat plus authentique avec des réactions (réponses et citations) contrairement au tweets de compte classique souvent noyés dans la masse. Cela vient illustrer les limites de la « Balkanisation des opinions publiques » sur le web. Certains protagonistes concentrent toujours plus l’attention.

 

En conclusion, la fluidification des flux par Twitter n’apporte pas la rationalisation ou la démocratisation espérées. En effet, au regard des résultats de l’enquête sur un échantillon de 40 tweets, Twitter offre un format peu apte au débat de fond. Les rapports de genre y sont conflictuels; on y observe beaucoup de sexisme mais aussi notre sélection de tweet révèle une audience féminine plus silencieuse dans le débat. Dans l’ensemble, la plupart des utilisateurs optent pour la formule choc ou l’assentiment, qui fera le plus de retweet. Mais il ne faut pas trop généraliser, le débat sur internet est possible dans de certaines conditions. Et, si les vrais débats sur internet n’engagent qu’une minorité ils gagnent toutefois rapidement une large visibilité (notamment par les comptes officiels). Le danger ici c’est que des personnes, sous prétexte qu’elles sont très actives sur les réseaux, se proclament représentantes des militants.

Elise Delguste et Nathan Diot

 

Références et sources :

Patrice Flichy, Internet et le débat démocratique, 2008

Laurence Allard, Frédéric Vandenberghe, EXPRESS YOURSELF ! Les pages perso. Entre légitimation technopolitique de l’individualisme expressif et authenticité réflexive, 2003

2 commentaires

  1. Kenza dit :

    Pour reprendre votre problématique, l’un des points qu’il nous paraît essentiel de mettre en exergue dans votre article est l’idée de démocratie.

    John Dewey rattachait cette notion à la conversation. Le fait d’échanger avec des personnes d’opinions divergentes est un élément important et fondamental de la démocratie.

    De ce fait, la plateforme Twitter apparaît comme un outil permettant le libre échange de la parole. Il n’est pas question de censure (sauf dans des cas extrêmes, où il y a nécessité d’un modérateur), chacun est libre de dire ce qu’il pense et de partager son opinion. Ce média est donc un espace public privilégié permettant un partage entre les gouvernants et les gouvernés, il a un rôle « d’entre deux » et acquiert une représentation de notre monde commun. Le web vient ranimer l’utopie d’une démocratie nouvelle. Selon chaque utilisateur, nous aurons des idées et des avis divergents ou convergents. De cette façon, chacun pourra créer son espace personnel en accord avec ses valeurs et principes. John Dewey, en comparant le 2.0 à une démocratie, présuppose la mise en place des principes presques idéaux d’égalité et de coopération : chacun a droit à la parole, et devrait agir avec bienveillance.

    C’est cette première remarque qui m’invite à réagir sur votre théorie « d’utopie d’un espace propice au débat ».

    En prolongeant cette analyse, il est intéressant de réagir au titre que vous avez choisi.
    On peut en effet parler d’utopie dans le sens où nous formulons tous le vœu pieu de rêver à un espace d’échanges et de réflexion où chacun, sans distinction de classe, d’âge, de genre, pourrait s’exprimer sur des sujets de société.

    La réalité est malheureusement toute autre.
    Comme vous l’avez démontré au travers de cette altercation entre Jean-Luc Mélenchon et Vanessa Burggraf au cours de l’émission On N’est Pas Couché du 10 Septembre 2016, le débat qui s’ensuivit sur la plateforme Twitter fut constitué d’un flot de critiques sexistes à l’égard de la journaliste. On peut encore une fois parler de domination et de manipulation masculine de l’espace numérique.
    Ce qui est assez étonnant, c’est que Twitter est un outil qui devrait permettre aux femmes et aux hommes de s’exprimer de manière égalitaire mais nous nous rendons compte qu’en grande majorité, ce sont les hommes qui prennent souvent la parole et de manière pas toujours respectueuse.
    Comme vous l’avez précisé il ne s’agit que d’un échantillon, même s’il reste malgré tout représentatif, les commentaires injurieux vont prendre le dessus sur le débat de fond.

    Pourrions-nous mettre cette idée en relation avec la critique de Nancy Fraser quant au concept d’espace public chez Habermas? Bien qu’elle en reconnaisse sa force car il distingue l’état de la sphère publique de discussion, elle remarque et dénonce principalement la dimension d’exclusion d’une catégorie de la population. Déjà à l’époque le modèle bourgeois s’est construit sur un standard de virilité masculine contre l’intelligence féminine, principalement dans l’aristocratie avec les salons. Dans le raisonnement de l’éthique de discussion, Habermas suppose qu’il faut suspendre les inégalités de statuts et faire comme si les citoyens étaient égaux. Mais pour l’auteure, suspendre les inégalités de statuts (créer un espace de discussion ouvert formel) n’implique pas l’égalité (les hommes parlent plus que les femmes, etc…). Nancy Fraser en déduit qu’il faut des sphères publiques diversifiées.

    Le cyberespace va permettre cette expression de la part des minorités. Il ne va pas pour autant s’agir d’un débat mais plus de l’énonciation d’une opinion.
    Nous pouvons reprendre l’exemple récent du #balancetonporc. Cette initiative a été mise en place afin de briser la loi du silence quant aux harcèlements sexuels que les femmes peuvent subir aussi bien dans la rue que sur leur lieu de travail. Cette libération de la parole a permis à de nombreuses femmes d’exprimer leur souffrance refoulée depuis tant d’années. Les dénonciations jetées dans l’espace public peuvent avoir des effets pervers, difficile de savoir si elles sont vraies ou fausses. Néanmoins à partir du moment où la justice ne réagissait pas, il était nécessaire pour les femmes de prendre les choses en main afin de faire bouger les lignes qui jusqu’ici protégeaient la suprématie masculine. Sur cet aspect bien particulier Twitter a joué un rôle de lanceur d’alerte bénéfique.

    Nous avons l’impression que tous les bas instincts sont mis à jour au cours de ce débat. En effet ils ne s’adresseraient jamais de la même façon à un homme, d’autant plus s’ils se retrouvaient en face de lui de manière physique. C’est tellement plus drôle et simple de deviser sur la blondeur et les jambes de Vanessa Burggraf que sur la chevelure argentée de Jean Luc Mélenchon. On a presque l’impression que les utilisateurs oublient qu’ils s’adressent à une personne réelle au-delà de leurs écrans.
    Cela reprendrait-il les propos de Sennett lorsqu’il aborde la fragilité de la modernité et la façon dont elle attaque le lien social? Il défend dans Les Tyrannies de l’intimité, l’importance de la civilité en la corrélant à l’échange avec les autres. L’espace public moderne est organisé pour isoler les individus. Il n’est pas organisé pour l’interaction mais pour favoriser la mobilité. Du bout de nos doigts, à l’aide d’un ordinateur ou d’un téléphone nous pouvons interagir, les uns avec les autres, il n’y a plus besoin de se déplacer. Tout est fait pour juxtaposer des solitudes.

    Nous percevons de plus, un contexte particulier dans cette émission. Le plateau était en majorité constitué de partisans et de courtisans de Jean Luc Mélenchon (en premier plan son porte-parole de campagne, Alexis Corbière) qui « chauffaient » la salle et avaient tendance à dénigrer la journaliste et donc à discréditer ses propos. Ce détail a son importance car autrement nous pourrions croire que le public même d’ONPC ne supporte pas sa chroniqueuse.

    Le rôle du journaliste comme instrument de contre-pouvoir nous offrant une vision globale des situations afin que nous puissions nous faire librement notre propre opinion est maintenant minimisé par tous les outils utilisés par les politiques. Ils disposent désormais de leurs propres supports médiatiques où ils peuvent « dispenser la bonne parole » : chaine youtube, compte twitter, blogs…
    Par ailleurs, nous retrouvons parmi les contributeurs au débat de nombreux comptes que nous pourrions qualifier de « professionnels » et d’affiliés au parti « La France Insoumise » qui vont obligatoirement dans le sens des propos de Jean Luc Mélenchon. Certains comptes vont apparaître comme les porte-voix d’une communauté d’utilisateurs. Du coup, décrédibiliser la journaliste et agir ainsi en tant qu’influenceurs du politique.

    Pour certains utilisateurs, même s’ils doivent déchaîner des réactions négatives, l’important c’est de faire parler d’eux. Quel que soit le moyen, il faut faire le buzz (recherche du like, du retweet…). Nous pouvons ainsi mieux appréhender le pourquoi des insultes gratuites, faciles, misogynes, dégradantes à l’égard de Vanessa Burggraf. N’oublions pas que la plupart d’entre eux ne se dévoilent pas personnellement sur leurs comptes (et mettent par exemple en photo de profil le “phi” du parti de Mélenchon) mais se permettent de critiquer Vanessa Burggraf sur son physique. Delà nous pouvons nous interroger sur la portée et la valeur des tweets postés par ce genre de comptes. Bien que Twitter serve de plateforme privilégiée pour exprimer son opinion, l’anonymat réduit sa portée. Comme l’a expliqué Turkle, la pluralité des identités sur différentes plateformes diminue la faculté d’engagement ; ainsi cela réduit la portée de la voix lors de débats de ce genre (ce qui n’est pas à déplorer lorsqu’il s’agit de débats stériles comme celui des “longues jambes“ de Vanessa Burggraf).

    La journaliste ne peut pas être reconnue professionnellement dans la mesure où c’est « une belle blonde avec de longues jambes ». Ses attraits physiques lui portent préjudice quant à sa crédibilité intellectuelle. Il n’est plus question de son éthique ou de ses compétences professionnelles mais de sa plastique.

    Nous remarquons sans conteste une pauvreté du débat sur Twitter. Il est vrai que la restriction de caractères limite les possibilités mais néanmoins il est possible d’argumenter sur le fond intelligemment en peu de mots, quitte à tweeter à plusieurs reprises. Nous pouvons nous poser la question : Le format de Twitter et la restriction de caractères peuvent-ils amener à une vraie prise de position et à un débat constructif et intelligent ? Lawrence Lessig (Code Is Law), développe la théorie du formatage. La restriction sur Twitter entrave la liberté de s’exprimer librement et contraint ainsi le message. Le débat devient alors difficile.

    Nous pouvons également nous interroger sur la faible participation des femmes dans ce type de débat. Nous avons l’impression qu’elles ne réagissent pas assez violemment au fait d’être indirectement agressées au même titre que la journaliste présente sur le plateau. Comment l’expliquer ? Il ne s’agit certainement pas d’une acceptation tacite du pouvoir masculin. Certaines d’entre elles jouent d’ailleurs le jeu des hommes en parlant de « cette dame blonde agressive », de « mongole » ou « d’imbécile ». Ainsi le peu de parole laissé aux femmes dans l’espace public bourgeois a encore un impact aujourd’hui même si la parole des femmes tend à se démocratiser.

    De plus, qu’en est-il de la contre-critique des propos sexistes envers Vanessa Burggraf? Y a t-il eu des tweets pour dénoncer le machisme?

    Par ailleurs, que pensez-vous du hashtag ? Ne serait-ce pas une forme qui invite au débat ? Le fait d’utiliser un terme particulier qui pourra permettre à tous les utilisateurs de retrouver des informations et les avis des autres grâce à un simple signe peut être intéressant à développer.
    Le système du hashtag sur Twitter permet donc une ouverture à d’autres comptes, puisque chacun pourra visualiser les tweets lancés sur une thématique. Avec l’utilisation du hashtag, nous pourrons nous faire entendre et partager nos points de vue sur nos sujets de prédilection. La construction même du débat reposerait sur ce simple symbole ?

    Les programmes télévisés actuellement en perte de vitesse utilisent ces plateformes afin de pouvoir permettre aux publics plus jeunes de s’exprimer et de prendre part au débat. Au final ceux qui participent au débat sont peu nombreux. Il est nécessaire de connaître la politique, l’émission et avoir un certain bagage afin de pouvoir y prendre part.

    En conclusion, nous pouvons constater qu’internet et ces plateformes ne révolutionnent pas totalement l’espace public. On retrouve le prolongement de pratiques et d’inégalités sociales déjà présentes dans l’espace public traditionnel.

    Laura Khédichian, Marie Tomaszewski, Kenza Boucif

    1. Nathan dit :

      Twitter comme « lanceur d’alerte »
      Nous avons pris le parti d’une analyse sur un cas particulier. Il existe, et vous avez eu raison de le souligner, des contre-exemples tout à fait importants : le cas de #balancetonporc a permis de libérer la parole et le débat sur divers autres médias. C’est un exemple tout à fait intéressant lorsqu’on sait qu’à l’origine de ce tweet il y a une journaliste française. On voit ici comment cette dernière reste démunie devant ces cas d’agressions et de harcèlements sexuels. Tellement démunie, qu’elle choisit la forme brève et choc du tweet pour les dénoncer plutôt qu’un article construit, ce qui peut paraître paradoxal pour une journaliste. On voit dans cet exemple une véritable foi en Twitter comme échappatoire médiatique où l’information prend enfin du poids et du sens.
      Twitter n’est pas tout noir ou tout blanc. Peut être une grande pourrait essayer de révéler quelles sont les conditions qui font que Twitter est un média sérieux ou léger. Si on prend un autre exemple récent, Twitter s’est illustré dans l’humanitaire ces derniers jours avec la « Love Army » de Jérôme Jarre et le problème des réfugiés rohingyas : les tweets ont permis de lancer un grand appel à l’aide aux entreprises et au leader birman lui même. Ils ont également permis d’informer toute une génération qui suit l’actualité sur les réseaux connectés davantage qu’à la télévision. Le plus de monde possible était invité à solliciter des grandes firmes en capacité de donner un coup de pouce financier.
      Pour autant, cela a-t-il vraiment un impact sur le système ? Il y a dans la dimension médiatique, au-delà même d’internet, un problème de forme. On parle d’un fait, on en fait des unes de presse et de JT pendant une semaine puis le sujet tombe dans les oubliettes. Les médias, conçus comme des machines en permanentes production d’informations, véhiculent des idées qui passent comme des modes. C’est aux citoyens de s’en saisir pour faire durer l’information et lui donner forme dans l’espace public de manière à résoudre la problématique de cette information. Les médias ne sont que des diffuseurs. C’est d’ailleurs la remarque que font tous les directeurs des GAFAM lorsqu’une victime réclame réparation ; les plateformes web ne prennent pas position par rapport à ces élans de solidarité comme à ceux de lynchage public car ils ne sont que des diffuseurs.

      « Nous pouvons également nous interroger sur la faible participation des femmes dans ce type de débat. Nous avons l’impression qu’elles ne réagissent pas assez violemment au fait d’être indirectement agressées au même titre que la journaliste présente sur le plateau. Comment l’expliquer ? »
      C’est vrai que les réactions féminines sont en retrait. Il y a peu de réponse aux commentaires sexistes. Que se soit du point de vue virulent ou pas il y a une part d’auteures toujours en marge. Et cela même dans l’espace de Twitter où le sexe n’est jamais demandé dans l’élaboration de son profil. Alors comment l’expliquer ? La systématisation qui fait l’objet de la modernité actuelle tend à enfermer les acteurs dans le mutisme. Dans le cadre d’internet c’est encore plus parlant, les plateformes sont codées en système qui gère notre manière de nous dévoiler. On ne sait pas comment ce que l’on montre va être reçu dans ce système alors on entre dans une sorte de conformisme nous explique Fanny George. « Garder le silence », en dire le moins possible, devient un impératif méta-éthique voire catégorique (Kant) pour se protéger des autres. Alors pourquoi les femmes plus que les hommes de manière générale ? Pourquoi personne ne prend le temps de répondre à ces personnes insultantes ? Le problème du cyber-harcèlement dont est victime Vanessa Burggraf c’est qu’il est à la fois condamnable par la loi, mais les démarches pour porter plainte contre une seule personne sont déjà relativement laborieuses, alors contre plusieurs milliers couverts sous un pseudonymes… Comme personne n’est puni, cela dédramatise l’insulte sur internet. Face à cela, les défenseurs sont certainement découragés. Lorsqu’on poste un commentaire on est tout seul, mais les insultes sont aujourd’hui devenue une dynamique dans une masse (bien moins que le soutiens). Celui qui voudrait essayer de répondre à cette masse par son seul commentaire se sentirait bien démuni. D’autre part, on pourrait développer cette idée en puisant du côté des théoriciens du langage et des modalités du silence comme chez Wittgenstein par exemple. Ils nous apprennent que la prise de parole ou le silence sont déterminé par un ensemble d’impératifs physiques. Si l’on se trouve à 3 mètres de son interlocuteurs ou à 15 centimètre le mode de communication ne sera pas du même registre. Sur Twitter on voit cette logique décuplée, et le silence devient un conformisme rassurant. Qu’en au problème du genre dans la prise de parole, il pourrait s’agir grossièrement d’un écho à l’espace public politique et social. Twitter a été révélé dans plusieurs articles de ce blog comme véritable tampon des inégalités déjà présentes dans les médias antérieurs. L’inégalité entre les genres est sans doute la plus ancienne et la plus persistante de toute. Difficile pour un simple “diffuseur” comme Twitter d’éviter ce constat de l’inégalité des chances, même si le sexe n’est pas indiqué sur le profil des utilisateurs, car ces derniers ne sont jamais détachés de leur “moi” social et physique. On a tendance à dire que sur internet il y a une distance telle que les pires insultes sont simples à publier. Mais, derrière chaque profil il y a tout de même un être rationnel et socialisé, derrière chaque intervention il y a des conséquences réelles pour l’individu derrière l’écran.

      « De plus, qu’en est-il de la contre-critique des propos sexistes envers Vanessa Burggraf? Y a t-il eu des tweets pour dénoncer le machisme? »
      Oui il y a eu des tweets de réaction, mais d’auteurs masculins. Cependant à aucun moment le mot « sexisme » n’est écrit.
      Pistol Fred / @PistolFred1 : « #ONPC pourquoi autant de haine envers @VanessaBurggraf ! Elle est brillante et pertinente : peut être que c’est cela qui gêne en fait ! »
      Mais dans la partie analyser les détracteurs du sexisme ne sont que trois sur trente quatre tweets (soit 9%). Les tweets dépréciatifs sont généralement quelque peu liker. Quant aux plus subversifs, la plupart passent complètement à la trappe, noyé dans le flux. Et même si le flux oriente la lecture vers les insultes en majorité, la plupart ne gagnent pas la moindre réaction d’autres utilisateurs. On peut alors se demander l’intérêt de faire une publication publique pour qu’elle ne suscite aucune discussion… cela est contre rationnel ! Il y a certainement dans Twitter une forme de défouloir où les énormes flux « justifient » des propos insignifiants et irréfléchies.

      « ainsi le peu de parole laissé aux femmes dans l’espace public bourgeois a encore un impact aujourd’hui même si la parole des femmes tend à se démocratiser. »
      La démocratisation tend plutôt au fétiche de la personnalité. Au delà des genres j’ai l’impression que la question est de devenir un personnage médiatique sympathique. (Sennett)
      Pour reprendre l’exemple du hashtag de mobilisation pour aider les réfugiés rohingyas : des personnalités numériques ont pris la parole pour les réfugiés et se sont déplacés avec leurs caméras, jouant le rôle du journaliste à la place du journaliste. L’information a eu plus de poids que n’importe quelle autre annonce et la Love Army a collecté plus de 800 000 dollars en 48h par des dons d’internautes. L’affect prend une place privilégié dans notre société de l’hermétisme…

      « Le fait d’utiliser un terme particulier qui pourra permettre à tous les utilisateurs de retrouver des informations et les avis des autres grâce à un simple signe peut être intéressant à développer. »
      Voir le hashtag comme un moyen de partager son point de vue, permettre à d’autre de le retrouver etc. a cependant ses limites dans le simple fait que la plupart des tweets ne donnent pas de point de vu. L’insulte n’est pas une prise de position dans le débat. Quelque soit les orientations politiques des utilisateurs, qu’ils appartiennent à la FI ou pas, les insultes sont gratuites. Le fait est qu’on n’apporte aucun point de vue, ni une certaine ouverture au débat. L’utilisation du hashtag, dans une perspective plus pessimiste certes, peut également être lu comme une recherche du buzz, de la visibilité pour avoir du « clique ». On sait l’audience que fait une émission comme On n’est pas Couché et éventuellement les utilisateurs qui prennent ce hashtag cherchent aussi une once de popularité, plus en plus de followers etc. Or on le sait, les grandes phrases complexes n’ont pas un grand succès sur Twitter dont le leitmotiv sont ses 140 caractères.

      Elise Delguste et Nathan Diot

      Sources et références :
      Fanny GEORGE, « l’identité numérique sous l’emprise culturelle », Les cahiers du numérique 1, pp. 31-48, 2011
      Thomas MOLNAR, « Between language and Silence: Wittgenstein’s Dilemma », The Intercollegiate Review, 1975

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